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<p><em>La mer des ténèbres</em> de Elisabeth Horem</p>

- Suisse

La mer des ténèbres de Elisabeth Horem

Une chronique de Laure Lachenal

 Ce roman nous livre trois récits très différents du point de vue des personnages, de l’histoire ou encore de l’époque, mais ils ont tous un point commun : celui de réunir la mer et les voyages.

 Le livre s’ouvre sur le récit d’un explorateur, intitulé "Ta langue est ta monture", qui a vécu au XVIIIème siècle, Johann Ludwig Burckhardt. Celui-ci parcourt l’Afrique et le Proche-Orient dans le but de retranscrire les cultures et les traditions. Lors de son périple, il devra faire face à la méfiance des habitants et à la dureté des conditions de vie. Il dessine et écrit tout ce qu’il voit tout en se cachant de son activité : sa solitude pèse sur lui à chaque instant.

 Dans un deuxième récit, "Les bâtisseurs", nous avons l’histoire de deux enfants, Ben et Fanny, frère et sœur, qui vivent chez des religieuses après que leur mère ait perdu son travail: elle pense ainsi bien faire en les confiant aux bonnes sœurs, mais ce sera le début d’un calvaire pour les deux enfants. Ils seront définitivement arrachés à leur mère et devront affronter un monde sans pitié.

 Le dernier récit, "L'impossible reconstitution de l'Abbaye de Westminster", narre l’histoire d’une femme, orpheline, qui fait un voyage à bord d’un cargo en méditerranée. Il alterne entre la lecture des journaux de Johann Ludwig Burckhardt et les souvenirs familiaux de cette femme, solitaire, qui suit les traces de cet explorateur.

Ces trois fragments de vie sont aux antipodes les uns des autres et pourtant des liens se tissent entre eux, la famille, la vie rude ou encore les voyages, des sujets qui se répondent dans leurs vies, dans la vie...